Ce centre de méditation qui a changé ma vie : Vipassana

Si je devais faire le bilan de ma vie, il y a une poignée de choses qui ont bouleversé ma vie, au point de tout remettre en question. Et aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un centre de méditation qui a changé un grand nombre de choses dans ma vie (au positif), autant pour moi que pour des millions de personnes.

Ce centre s’appelle Vipassana. Alors, que tu sois déjà pratiquant de méditation ou non, hyperactif “de nature” ou super-lent, je t’assure que ce centre te concerne. Permets-moi de te faire un bref portrait de ce que c’est.

Centre de méditation Vipassana à Montebello

Comment ai-je connu Vipassana?

C’est important que je vous donne le contexte, que vous sachiez ce qui m’a motivé et mes craintes (probablement les mêmes que vous).

Ce fut en mars 2013 que j’entendis parler de Vipassana pour la première fois. Ce fut mon très cher ami Guy qui m’en parlait. Si je devais décrire Guy, c’est le genre d’homme qui te regarde et sait déjà tout à ton sujet. Il rayonne de lumière quand on le regarde, et s’exprime toujours avec les bons mots, des mots qui viennent de je-ne-sais-quel-univers tant ils sont remplis de sagesse. Guy me parlait de ses nombreuses retraites là-bas, puis passa rapidement de sujet.

À cette époque, j’étudiais en entrepreneuriat avec lui, cours Lancement d’entreprise. J’avais presque terminé la formation, et avais beaucoup de difficulté à avancer dans mon entreprise.

En juillet 2013, je vis la “lumière au bout du couloir”, mon projet d’entreprise était mort, j’avais trop échoué pour qu’il se relève. Ma situation conjugale était au plus bas de sa forme, j’avais épuisé tout mon argent mis de côté, et pour clôturer le tout, mon permis de travail temporaire était sur le point d’expirer, je ne pouvais plus travailler…

L’insécurité que je vivais était à son maximum. J’étais comme un poisson sorti de l’eau, à frétiller partout, en espérant retomber dans l’eau.
Après avoir paniqué, angoissé, essayé de rattraper ma situation de mille et une manières, l’écho “Vipassana” retentit à nouveau. Je demandai alors à Guy plus d’informations à ce sujet.
Sa réponse resta à nouveau “vaseuse” : c’est une technique de méditation pour lequel tu observes ta respiration et les sensations, en dessous du nez. Euhhh what??? Ca m’a l’air bien bizarre. Mais je ne m’arrête pas là.

Je file sur Internet, et fais ce que je fais à chaque fois que je suspecte quelque chose : je tape le nom du centre avec des termes comme “secte” “arnaque”. Et rien… juste rien! Personne ne dit de mal de Vipassana. Mais zut, c’est quoi ce truc?
Je lis leur site, et fut stupéfait. Cela ne me prit pas longtemps pour être convaincu, et m’inscrivit.

 

Présentation de la méditation Vipassana, à ma sauce

Avant de vous expliquer ce qu’est, pour moi, Vipassana, comprenez que chacun se fait une définition de la méditation et ses bienfaits. C’est l’un des joyaux de ce centre, chacun interprète son apprentissage à sa façon et c’est bien correct!

Centre de méditation Sutton Vipassana

Vipassana est pour moi un puissant apprentissage permettant de reprogrammer son esprit par des techniques ultra-archi-simples. La simplicité de tout le processus est absolument déconcertante, mais incroyablement efficace (j’en reviens toujours pas, parfois).

Certains connaissent la PNL, tout un domaine basé sur l’étude de la réussite et des comportements. Pour moi, la PNL sert à reprogrammer le cerveau, de façon à obtenir des résultats positifs et réussites dans sa vie.
Et bien Vipassana, servirait à la même chose, sauf qu’au lieu d’appliquer des méthodes X et Y durant une période de temps, vous n’avez rien à faire que de méditer selon la technique qui vous est donnée. Trop fort ces p’tits Bouddha!

Donc la technique pratiquée est basée sur la respiration et l’observation des sensations. Pendant 11 jours consécutifs, on apprend la technique, petit à petit, étape par étape.
D’abord on observe la respiration dans une seule zone, en concentrant son esprit sur uniquement cette action. À ce moment, l’esprit s’affole, les pensées surgissent, et c’est bien correct! L’idée est de continuer, persévérer et arrêter de réagir quand cela ne fait pas son affaire.

Ensuite, on précise la zone de plus en plus, puis on scanne tout le corps en surface, à la recherche de sensations subtiles ou grossières.

Une fois cela réalisé pendant plusieurs jours, on entre plus en profondeur, puis on termine avec une méditation basée sur l’amour, la compassion et le partage. Ma préférée!

Ça a l’air simple hein?

Simple et si complexe à la fois…

Ce processus, aussi simple, semble-t-il, interfère sur nos réactions naturelles qui sont de réagir soit par l’avidité (désir, envie, attachement…) soit par l’aversion (répulsion, colère, fuite, affrontement).

Par l’observation des sensations, nous reprogrammons l’esprit à ne réagir ni par l’un ni par l’autre, et cet état s’appelle l’équanimité.
En agissant ainsi, et sans qu’on s’en doute, nos réactions que nous éprouvons au quotidien se transforment peu à peu en équanimité, elles aussi. Et on se met à vivre mieux, affronter les aléas de la vie de façon plus sereine, prenons de meilleures décisions et j’en passe…

Alors, notez que tout le long des 11 jours, et comme beaucoup de pratiquants novices ou expérimentés, vous vivrez une palette d’émotions. Notre conditionnement mental et émotionnel viendra interférer régulièrement, amenant des doutes, l’envie de fuir, et ramenant des mémoires douloureuses à la surface.
L’égo est si fort et intelligent, qu’il cherchera un nombre incalculable de stratégies pour vous détourner du processus.

Vipassana, pour les nouveaux étudiants, c’est 11 jours de méditation en continu, dans le silence le plus total, avec 5 préceptes à suivre attentivement :

  1. S’abstenir de tuer toute créature vivante;
  2. S’abstenir de voler;
  3. S’abstenir de toute activité sexuelle;
  4. S’abstenir de mentir;
  5. S’abstenir de tout intoxicant.

En plus de cela, un code de conduite est également à suivre durant ces 11 jours.

  • Tu ne pratiqueras d’autres techniques, rites, cultes, prières.
  • Tu suivras fidèlement la technique comme enseignée (donne-toi une chance de la comprendre avant de la modifier)
  • Tu garderas le silence et éviteras tout contact avec d’autres
  • Tu seras séparé des participants du sexe opposé
  • Tu éviteras de réaliser des exercices physiques (sport, yoga…)
  • Tu t’abstiendras des intoxicants, quels qu’ils soient
  • Tu n’auras pas de moyen de divertissement : livre, écriture, musique, téléphone… (sois-donc avec toi-même)

Et quelques autres qui font pas mal de sens.

Wow, ça a l’air strict, c’t’affaire!

Oui ça le semble en apparence, mais c’est plus souple que vous pourriez le croire et les règles sont vraiment là pour contribuer pleinement à votre apprentissage.
Si tu te mets à t’étirer avec une posture ressemblant de près ou de loin à du yoga, personne ne viendra te dégager du cours ou te gronder. Tu pourrais recevoir une remarque, cela dit.

Cependant, si tu es surpris à briser les règles ou préceptes, cela en nuisant à d’autres participants, il y a de fortes chances que tu te retrouveras devant ta voiture, tes affaires dehors.

“Ca t’a apporté quoi Vipassana?”

La question qu’on me pose systématiquement. Vipassana fut un énorme tournant pour ma vie et ma carrière professionnelle. Je fus surpris (et le suis toujours) par les changements que cela a produits dans ma vie.

Ma vie était devenue plus légère. Les analogies et métaphores faites durant les discours à Vipassana faisaient partie de ma vie, sans m’en douter.

Par exemple, depuis Vipassana, je ne cesse de considérer la vie comme un fleuve sur lequel je suis une bûche qui flotte. Et en pratiquant le lâcher-prise, en ayant foi en ma capacité à me relever, ma confiance a beaucoup grandi.

J’ai également amorcé un gros processus de détachement, tant sur le matériel, au point de vivre dans une forme de simplicité volontaire. J’ai fait de même sur ma vie sentimentale, me déprenant ainsi d’une grosse masse de jalousie et de possessivité que je portais depuis jeune.

J’ai remarqué que mes réactions face à des situations habituellement déroutantes avaient disparu.
Par exemple : en juillet 2015, je participais à un atelier d’échange linguistique dans un café sur Guy-Concordia. À la fin de l’atelier, je me rendis compte que mon sac à dos avait disparu. Dedans se trouvaient mon MacBook Air, tous mes papiers (passeport, carte d’identité, cartes de crédit), une tablette Kindle et des cahiers de notes.

Ma réaction fut stupéfiante : je me suis observé aller tranquillement voir la caissière, lui parler de ma situation, et lui demander de faire des recherches avec moi (avec la caméra).
J’ai passé 1h30 à faire le tour du quartier à la recherche du sac, espérant éventuellement qu’il soit mis dans une poubelle, sans le MacBook. J’étais prêt à me séparer de lui, mais je voulais retrouver au moins mes pièces d’identité.
J’ai parlé de la situation à la police. Mon intuition me disait que cela ne mènerait à rien, mais je le fis quand même.
Pendant tout le processus, je ressentais de l’empathie pour le voleur. Comme dirait mon ami Guy “Si on me vole quelque chose, c’est qu’il en avait plus besoin que moi.”
En même temps, je me suis remémoré mon enfance durant lequel j’avais aussi beaucoup volé. Mon empathie pour le voleur était grande. J’aurais aimé le rencontrer et lui demander : “Je comprends pourquoi tu fais cela. Tu n’as pas besoin de mes pièces d’identité, cependant. Peux-tu me les rendre? Tu peux garder le reste.”

2 semaines plus tard, je reçus mon portefeuille par la Poste, avec toutes mes pièces d’identité.
Me séparer de mon MacBook fut une expérience utile puisqu’avant le vol, j’étais déjà dans un processus dans lequel je comptais me détacher de l’ordinateur pour favoriser le papier.

Bref, tout ça pour vous dire que j’ai vécu de gros changements dans mon attitude, surtout face à l’adversité. Travailler mon détachement et vivre plus équanime sont devenus un objectif de vie.
Et vivre ainsi, c’est ce que je souhaite à tous.

Mes recommandations pour une expérience optimale

J’ai quelques recommandations à vous faire, afin de vivre une belle expérience là-bas.

Vipassana s’adresse vraiment à tout le monde

Jeune, adulte, aîné, homosexuel, toxicomane, sans-abri, témoin de Jéhovah, atteint du TDAH ou d’une maladie génétique, Vipassana est universel. L’apprentissage est simple, accessible pour tous et flexible pour tout type de personne.
J’ai discuté avec une amie il y a peu de temps, me disant “ah, mais Vipassana ça me tente, mais rester autant de temps méditer, assise en indien, c’est impossible pour moi!”
Que crois-tu qu’il arrive pour les personnes atteintes d’arthrite ou scoliose (genre moi…)? Ils ont tout prévu! Je lui ai répondu qu’ils avaient des chaises, bancs et coussins pour aider ces personnes.

Et va pas me sortir que t’es trop âgé pour commencer! Des personnes ont commencé Vipassana alors qu’ils venaient d’apprendre être en phase terminale de cancer. D’autres ont commencé à un âge très avancé et ont vu un changement majeur dans leur vie, avant leur mort.
Je vous réfère ici au livre “The Art of Dying” qui illustre un grand nombre de cas comme j’énonce.

Attends-toi à vivre une crise émotionnelle

Oui tu peux bien te la jouer gros dur, mais tu peux me croire que tu en vivras une!
Comme je l’ai dit précédemment, Vipassana met “en péril” le rôle de l’Égo. Ce dernier fait ses marques en s’accrochant au passé ou au futur. Alors, imagine-le quand tu ne vis qu’à l’instant présent. C’est comme virer une grosse tumeur, ça va te faire très mal, mais ce n’est que temporaire et très bénéfique pour ta guérison.

Du coup, ton Égo te jouera bien des tours pour te faire croire qu’il faut que tu arrêtes, que tu partes, que tu penses à telle ou telle chose, que ce n’est pas pour toi…

Généralement, la crise intervient entre le 5 et le 7e jour. Cela peut varier selon les personnes. Et dis-toi que cela arrive autant aux nouveaux étudiants qu’aux anciens…

Quoi qu’il en soit, raccroche-toi à ta persévérance et réalise l’apprentissage jusqu’au bout!

10 jours de silence, ce n’est pas si affreux que ça

Ca peut faire paniquer de ne pas avoir de contact humain pendant 10 jours. Je sais.
Cela doit être d’autant plus paniquant si t’es du genre verbeux, si t’aimes attirer l’attention ou dépend de comment les gens te perçoivent. Mais j’ai vu des participants de “ce type” au départ qui finalement vivaient très bien l’expérience.

Au début, cela peut être troublant, mais on s’y fait rapidement.
Dis-toi de toute façon que le silence est catégorisé officiellement comme un besoin fondamental de l’humain. Alors, t’offrir cela au moins une fois par jour, c’est comme prendre ta vitamine C avant de commencer ta journée.

Y a-t-il d’autres choses à savoir?

Sûrement! Et le site web de Vipassana possède beaucoup de contenu pertinent. Je t’invite à prendre le temps de tout lire.

Quelques questions fréquentes

Le site de Vipassana possède une page de Questions fréquentes qui répond déjà à un grand nombre de questions que vous pourriez vous poser.

Pour compléter cela, j’ai répertorié quelques questions qu’on me pose régulièrement ou que je me suis moi-même posées avant de commencer.

T’es sûr que ce n’est pas une secte ton affaire?

Heh j’étais le premier à me méfier de ça. Et pourtant, j’ai vite compris que Vipassana n’est en aucun cas une secte ou culte.

Vipassana prône les croyances de chacun. Que tu sois musulman, catholique ou raëlien, Vipassana n’ira pas contester cela.
Vous entendrez souvent parler de Bouddha, et l’interprétation de ce dernier peut être multiple selon les dogmes/religions. Ici, Bouddha est symbolisé comme un humain ayant atteint l’illumination, soit une personne ayant pratiqué Vipassana de telle sorte qu’il n’a plus d’impureté (avidité/aversion).

Ensuite, Vipassana ne vous poussera aucunement à contribuer monétairement. Il est même dit que si tu ne retires rien de Vipassana au bout du compte, t’es mieux de ne rien donner.

Moi là, je suis un pur sceptique, pis les histoires de Bouddha & réincarnation, ça ne m’intéresse pas

C’est très compréhensible! Et personne ne te demander d’y croire ou non.

Il est même dit que cela est énoncé seulement à titre d’illustration. Le plus important est ce que tu vis, ce que tu apprends, ce que tu retires de la technique. Le reste, le “vent intellectuel” n’a aucune importance.

11 jours c’est long! On peut pas y aller genre moins de temps?

Il y a 365 jours dans une année, et admettons que tu vives de ton âge adulte à ta mort 40 ans, ça fait 14600 jours.
T’es toujours sûr que c’est long?
Si c’était un voyage à Hawaii ou en Australie, ce serait moins long hein?

Dis-toi que ce n’est que 11 jours dans une vie, et 11 jours dédiés à pratiquer une nouvelle technique que tu ne connais pas. Essaie, expérimente, retires-en les bienfaits si tu en trouves. Et si jamais ce n’est pas pour toi, tu le sauras vraiment.

Oui, tu trouveras le temps long. Oui, c’est dur de ne “rien faire” durant tant de temps, mais dis-toi que tout prendra du sens quand tu auras fini les 11 jours.

Inscris-toi, fais-toi ce cadeau!

Je termine ainsi cet immense article détaillé, pour moi un hommage à cet extraordinaire apprentissage, avec ceci :

Oui, il existe bien des techniques dans le monde, permettant d’être plus heureux, vivre le bonheur, réussir, atteindre l’illumination. Et en aucun cas je n’en renierai. Cependant, Vipassana est une technique qui a fait ses preuves depuis des milliers d’années, auprès de millions de personnes, dans le monde entier.

Je t’invite sérieusement à aller sur ton profil Facebook et demander à ton entourage “QUI CONNAIT VIPASSANA?” et observe le nombre de gens de ton entourage qui l’ont fait. On est nombreux et très discret!
Parce que tout est une question de timing finalement. Quiconque serait prêt à aller pratiquer Vipassana sera en contact avec cette technique, d’une manière ou d’une autre!

Et il s’avère qu’aujourd’hui, tu as lu tout cet article jusqu’au bout. C’est signe que t’es dû, mon cher ami!

Alors, ne manque pas ta chance, inscris-toi à Vipassana!

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