« Humain sans retenue » ou réflexion humoristique sur la vulnérabilité

Comme certains le savent, j’ai présenté dans mon club Toastmasters mon premier discours humoristique. Et parce que je n’aime pas parler de sujets creux et superficiels, j’ai opté pour un discours parlant de la vulnérabilité, incitant à la réflexion sur notre rapport avec elle.

Lors du concours de district (petit niveau), j’ai gagné la 2ème place, au concours de division, je n’ai par contre pas fini dans le top 3.
Cela dit, j’en sors avec de grands apprentissages et la réalisation de plusieurs défis personnels : faire mon premier discours humoristique et parler d’un sujet qui me met dans une position très inconfortable.

Je trouve dommage que ce discours n’ait été fait qu’à une poignée de personnes, alors j’ai réussi à obtenir une vidéo qu’a réalisé un spectateur. Je vous la partage dans cet article. Vous pouvez également consulter le contenu du discours, au-dessous de la vidéo.

N’hésitez pas à me donner vos commentaires (positifs, négatifs, qu’importe) et à partager l’article ou la vidéo si cela vous a plu. Bonne vidéo.

L’humain me fascine. Depuis tout petit je m’intéresse à comprendre comment l’humain fonctionne. Pourquoi nous adoptons telle ou telle personnalité ? Pourquoi nous ne souffrons pas tous de la même façon.
J’ai déjà effectué des recherches sur bien des thématiques. Et dernièrement, j’étudiais la vulnérabilité. Ce que nous faisons lorsque nous sommes vulnérables est absolument fascinant, vous ne trouvez pas?

Bon je ne vous trouve pas bien fasciné, mais promis, après que je vous en aurai parlé, vous le serez autant que moi!
À votre avis, qu’est ce qui rendrait vulnérable un médecin, un avocat, un caissier de Jean Coutu et un DTM* chez Toastmasters de la même manière?
*(DTM = personne qui a réalisé tous les niveaux et certifications au sein de Toastmasters)

Je vous entends le penser mais vous ne le dites pas alors je vais le dire pour vous : les flatulences bien entendu!

Vous sentez le malaise? On se pratique déjà !
Je vais vous présenter 3 réactions communes d’intense vulnérabilité, toutes illustrées de situations vécues. Je vais me pratiquer, moi aussi…

Alors la première réaction est celle que j’appelle le loup-garou.

Ca m’était arrivé le mois dernier. On allait à Tremblant avec ma blonde, son amie Fred et son chum.
Mon ventre gargouille depuis déjà une heure. Petit gaz s’en vient, je me met en position et la fait sortir silencieusement. Mission accomplie! 2 secondes après Fred sort à toute l’auto « qui a pété? ». Et le jeu du loup garou commence.

Qui a déjà joué au jeu du loup garou?

Dans ce jeu, le but des loups-garous est de se cacher parmi les villageois, pendant qu’ils débattent pour les déceler.

Quand t’es loup-garou, t’as deux stratégies :
a) soit tu joues au villageois empathique pour chaque mort en te léchant les babines;
b) tu tente de fondre dans ton siège pour être le plus invisible possible.

Dans l’auto, j’étais le loup garou, et les villageois débattaient : Fred accuse ma blonde, ma blonde accuse Fred, son chum étouffe de rire, et moi, confus, j’approuve les accusations en me faisant le plus petit possible.
Au final, ma blonde n’avait pas assez d’argument, tout le monde l’a accusée, elle a perdu, j’ai gagné.

Le loup garou.

 

La 2ème réaction est celle de l’innocent.

J’ai vécu cette situation il y a presque un an. Je faisais partie d’une coop’ en coaching organisationnel. Nous nous apprêtions à intégrer une nouvelle personne dans l’équipe, Steve qu’il s’appelait.

2h de rencontre où on parlait du règlement intérieur, paperasse et processus, 2h insurmontables durant lesquelles, la crème de navet du midi voulait s’échapper sous forme gazeuse.
Alors pour ceux qui ne savent pas : navet = réaction chimique radioactive. Je devais donc attendre patiemment la fin de la réunion.

Fin de réunion, on se dit « au revoir », je prétexte avoir des notes à écrire avant de partir, la salle se vide.
J’attends 5 minutes de sécurité, puis bombarde la pièce. OH, ça sentait le bac de compost pas vidé depuis 3 mois.

Je venais à peine d’avoir le sourire aux lèvres de plaisir que Steve entre dans la salle en disant « pardon, j’ai oublié mon chargeur de mon mac », en se penchant sous la table pour le débrancher.
Alors là ma réaction fut de figer complètement. Si je ne bouge pas, je ne fais pas de vent, donc peut-être qu’il ne sent pas?
Oh et j’ai eu un drôle de mécanisme, je me suis arrêté de respirer. Comme si en le faisant, Steve ferait de même.

Steve se lève, je le scrute du coin de l’œil en tapant sur mon clavier, pour discerner s’il a capté l’odeur ou non.
Steve se lève, me sourit et me dis « à demain », je lui dis « ciao amigo! », comme si je parassais suffisamment cool pour qu’il oublie son expérience.

Après ça, j’ai songé plus d’une fois à changer de pays…

 

La dernière réaction est celle du camouflage. Celle-ci m’est arrivé plus d’une fois et je suis sûr que vous vous y reconnaîtrez.

Une des fois qui m’a marquée était cette fois ou j’étais au Walmart. Je magasinais tranquillement avec mon panier, au rayon sport, quant mon corps me surprit avec une belle dose de méthane.

Je ne sais pas ce qui m’a pris mais j’ai eu envie de l’expulser le plus fort possible, comme si j’étais devenu un enfant pendant un moment. BLLLLA!
Ça me fait rire un petit moment quand j’entends un bruit de panier à côté! La … panique!

Il fallait que je fasse quelque chose pour camoufler le bruit, alors je me met à déraper plusieurs fois mon panier. Sait-on jamais s’il arrive à faire le même bruit.
En guise de soutien, je sors mon mouchoir et me mouche le plus fort possible.

Pour avoir le cœur net que la personne à côté ne se doute de rien, je passe discrètement au rayon suivant en regardant du coin de l’œil. Il n’y avait personne, une boite était tombée par terre.

Le camouflage.

Mesdames et monsieur, membres Toastmasters et invités, qu’est ce qu’on peut jouer des personnalités, des jeux de rôles pour couvrir la honte, la peur.

Et finalement dans les cas que j’ai cités, de quoi avons-nous peur ? D’être humain ? D’avoir des besoins ?
Pourquoi ne pas s’assumer entièrement, embrasser notre humanité et se laisser aller ? « Je suis humain, je pète oui! ».

Et pourquoi les flatulences nous rendent vulnérables en fait? Parce que ça peut être considéré comme une faiblesse, une lacune du corps humain.
Alors vous imaginez à quoi cela se rapporte? À la dépression? L’anxiété? L’agressivité?

Par ce discours, je nous invite tous à accepter pleinement qui nous sommes, dans notre entièreté.
Et pour terminer, je voudrais amener un dernier point : nous pétons en moyenne 14 fois par jour, je sais maintenant que vous penserez à moi 14 fois par jour.

Monsieur le président.

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Je lis tous les commentaires. Namasté!

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