Un client m’a écrit il y a quelques semaines. Il voulait un site portfolio, simple, élégant.
Budget : 600 $.
Ma première réaction, c’était de dire non. Que ce soit à titre personnel ou dans mon agence, on refuse ce genre de mandat depuis des années. Pas par snobisme, juste parce que 600 $ ne couvre pas les heures qu’un site prend normalement, même simple. Design, développement, révisions, mise en ligne : tsé, ça s’additionne vite!
Mais cette fois, je me suis arrêté avant de répondre non. Je me suis dit : « Attends. Avec Claude code, je pense que je peux le faire, au complet. »
J’ai accepté le défi.

Le défi que je me suis lancé
Le calcul était simple sur papier, risqué dans les faits. Si j’arrivais à livrer un site professionnel, propre, éditable par le client lui-même, dans le temps que je pouvais me permettre d’y consacrer, ça valait la peine d’essayer. Sinon, je perdais du temps sur un mandat que j’aurais dû refuser depuis le début.
Résultat final : entre 2 et 3 heures devant l’écran, et 1 à 2 heures de plus à superviser Claude depuis mon téléphone, en mode contrôle à distance. Le genre d’heures que je peux passer dehors, en famille, sans être cloué à mon poste de travail.
Et ça a marché ! Le site est en ligne, le client est content, et je n’ai pas eu à sacrifier une semaine complète pour un mandat à 600 $.
Mon setup pour ce genre de projet
Comme vous le savez, je travaille sur mon ordinateur avec Linux Mint, avec le logiciel VS Code et les extensions Claude Code et Codex. J’utilise aussi quelques skills que j’ai configurés au fil du temps : un pour garder un standard de qualité, un autre qui fait débattre Claude et Codex entre eux pour challenger les décisions techniques, et un dernier pour humaniser le contenu en français. Tous mes skills sont disponibles sur Github, si tu es curieux-se.
Pour le design, j’ai utilisé Claude Design et Open Design.
Rien de sorcier dans l’outillage. Ce qui change tout, c’est la façon dont on structure le travail avec l’IA.
Ce que j’ai demandé au client avant de commencer
Avant de toucher à quoi que ce soit, j’ai demandé trois choses au client : un hébergement déjà prêt, un nom de domaine, et un document où il expliquait ses idées, sa vision du site. Il m’a aussi envoyé un PDF sur son activité et un résumé de son équipe.
Sans cette matière première, impossible de bien orienter Claude. L’IA ne devine pas ce que ton client a en tête. Faut lui donner de quoi travailler.
Étape 1 : le design
J’ai commencé par le visuel plutôt que le code.

Dans Claude Design, j’ai donné toutes les infos du client et demandé trois moodboards différents. J’en ai choisi un, puis j’ai demandé une maquette de page.
Petite confession : j’aurais dû faire un wireframe avant la maquette. Avec un budget de 600 $, j’ai sauté l’étape. Sur cette page unique, j’ai volontairement multiplié les types de sections pour couvrir un maximum de scénarios pour les autres pages à venir. Quelques ajustements, et c’était bon.
Une heure, peut-être deux, et le design était réglé.
Étape 2 : le code
Dans Claude Design, on peut exporter le tout et l’envoyer directement dans Claude Code.

J’ai ouvert un dossier, tout déposé dedans, créé un dépôt, puis rédigé mon premier prompt.
Il était long, ce prompt. J’y ai mis :
- Qui j’étais et mon rôle auprès du client.
- La commande /init pour générer les fichiers de base pour que Claude travaille proprement.
- Que le site devait être bâti sur WordPress avec l’éditeur Gutenberg natif, ou avec des champs personnalisés via le plugin gratuit ACF.
- Que le développement devait se faire en local d’abord, puis se déployer une fois prêt (avec les accès SSH fournis).
- Que le budget du client était serré, donc d’aller droit au but et de me poser des questions au besoin.
- Que je ne serais pas devant mon ordinateur après ce prompt, mais que je suivrais tout depuis mon téléphone en mode contrôle à distance, donc de me montrer les résultats via des liens GitHub.
- D’utiliser des sous-agents avec des rôles différents pour assurer un contrôle qualité.
- Et l’objectif clair : terminer le site le jour même pour pouvoir le déployer (commande /goal)
J’ai aussi un fichier de configuration général (CLAUDE.md) que je réutilise sur tous mes projets.
Il contient une série d’instructions que j’applique systématiquement : quand utiliser tel skill, pourquoi ne jamais toucher à l’environnement de production sans mon accord, comment apprendre de ses erreurs, et d’autres réflexes du genre.
J’ai aussi une compression automatique de la conversation à 300 000 tokens pour éviter que tout devienne ingérable.
Claude a fini le site en deux heures. Deux heures.
J’étais dehors avec ma famille pendant une bonne partie de ce temps-là, à checker mon téléphone de temps en temps.
Ce que l’IA a manqué
Faut être honnête ici, parce que c’est important pour la crédibilité de tout ça : l’IA n’a pas tout réussi du premier coup.
Deux points ont demandé mon intervention.
Le SEO n’a pas pu être configuré avec le plugin RankMath comme prévu, alors Claude l’a codé directement à la place. J’ai dû corriger ça moi-même.
Et certaines sections du site n’avaient pas d’interface d’édition : Claude avait jugé ces sections trop complexes pour les intégrer à Gutenberg ou ACF, alors il les a codées en dur.
J’aurais pu lui demander de corriger le tir, mais avec un budget de 600 $, ça ne valait pas le temps investi.
Ce que ça change pour une agence ou un freelance
Ce n’est pas le premier site WordPress que je bâtis avec Claude Code. J’en ai fait des bien plus complexes. Mais ce mandat-là illustre quelque chose de précis : la barrière du prix minimum pour offrir un travail de qualité vient de bouger.
Avant, un site à 600 $ voulait dire soit un template générique bricolé à la va-vite, soit un refus poli.
Aujourd’hui, avec des instructions précises et un cadre de travail solide, un site sur mesure devient accessible même avec un budget de départ. Le client peut ensuite modifier son contenu lui-même, avec l’éditeur natif de WordPress ou des champs personnalisés, sans dépendre de moi pour chaque petite modification.
Ce n’est pas magique. Ça demande de savoir précisément quoi demander, de connaître le métier assez pour repérer ce qui cloche, et d’accepter de corriger deux ou trois trucs à la main. Mais le temps que ça libère change vraiment la game pour une agence comme la mienne.
Si t’es dans le web ou que tu diriges une entreprise qui utilise l’IA au quotidien, je suis curieux de savoir : est-ce que tu as vécu un moment similaire, où l’IA t’a permis d’accepter quelque chose que tu aurais normalement refusé ? Dis-le en commentaire.