Tu as sûrement déjà collé un courriel, un contrat ou une pensée un peu perso dans ChatGPT pour aller plus vite.
Moi aussi.
Et là, une petite voix : « attends, ça va où, ce que je viens d’écrire ? »
Bonne question.
La réponse honnête, c’est que la plupart du temps, ça part sur les serveurs d’une entreprise américaine qui a parfaitement le droit de s’en servir.
ChatGPT gratuit, par exemple, utilise tes conversations pour entraîner ses modèles, sauf si tu vas fouiller dans les réglages pour l’en empêcher. Et même là, ce qui a déjà servi reste dans le modèle. Tu ne récupères pas ça.
Il existe des alternatives sérieuses, et pas juste une.
Le hic, c’est qu’on les compare mal : on te sort des « top 5 » qui mettent dans le même panier un logiciel installé sur ton disque et un site web hébergé à l’autre bout du monde.
Ça n’a aucun sens.
Alors on va faire autrement.
En bref.
La seule façon d’être vraiment tranquille, c’est de faire tourner l’IA sur ta propre machine : rien ne sort de chez toi. Si ton ordi ne suit pas, un service chiffré comme Lumo (Proton) ou une IA qui anonymise tes requêtes comme Leo (Brave) ou Duck.ai (DuckDuckGo) sont de bons compromis. À l’opposé, ChatGPT gratuit se sert de tes conversations pour entraîner ses modèles, par défaut. Tout le reste est une question de dosage entre confort et confidentialité, et je te donne une petite grille pour t’y retrouver.
Sur cette page
- Le truc que personne ne t’explique : où va ta phrase pendant que l’IA répond ?
- Ma grille pour juger si une IA est vraiment privée
- Les 5 façons d’utiliser l’IA sans te faire vider les poches (de données)
- Le tableau qui résume tout
- Alors, laquelle pour toi ?
- Ce que je fais, moi
- Questions qu’on me pose
- Bon, on fait quoi maintenant ?
Le truc que personne ne t’explique : où va ta phrase pendant que l’IA répond ?
C’est LE point à comprendre, et il change tout le reste.
Quand un service se dit « privé » et « chiffré », il faut séparer deux moments.

Tes conversations stockées (ton historique) : là, les bons élèves sont excellents.
Lumo comme Leo utilisent un chiffrement dit « à accès zéro », ce qui veut dire que même l’entreprise ne peut pas lire ton historique. En gros, seul ton appareil possède la clé.
Même leurs critiques les plus sévères le reconnaissent.
Ta question pendant qu’elle est traitée : c’est là que la magie s’arrête.
Pour qu’un modèle réponde, un serveur doit déchiffrer ta phrase et la lire en clair, le temps de la traiter.
C’est vrai pour Lumo, pour Leo, pour tout le monde dans le nuage.
Le chiffrement protège ce qui dort, pas ce qui est en train de cuire.
Ce qui donne une conclusion toute simple et un peu radicale : le seul cas où ta question ne quitte jamais ta machine, c’est quand l’IA tourne directement sur ton ordinateur.
Le reste, c’est de la confiance : tu comptes sur la parole d’une entreprise, là où le local te donne une garantie technique.
Garde ça en tête. On va s’en servir tout le long.
Ma grille pour juger si une IA est vraiment privée
Avant de te parler d’outils, voici les cinq questions que je me pose. Tu peux les appliquer à n’importe quel service, même dans deux ans quand la moitié des noms de cet article auront changé.

- Où tournent mes données ? Sur ma machine, sur le serveur du fournisseur, ou sur celui d’un tiers encore plus loin ?
- Qui peut les lire ? Y a-t-il un chiffrement, et l’entreprise voit-elle mon texte en clair à un moment donné ?
- Servent-elles à entraîner le modèle ? Par défaut, ou seulement si j’accepte ?
- Est-ce une boîte noire ou du code ouvert ? Puis-je (ou quelqu’un de compétent) vérifier la promesse, ou faut-il croire sur parole ?
- Sous quelle loi ? Un fournisseur américain reste soumis au Cloud Act même si ses serveurs sont en Europe. C’est la nationalité de l’entreprise qui compte. L’adresse du serveur n’y change rien.
Cinq questions, et tu vois déjà que « privé » n’est pas un bouton on/off. C’est un curseur.
Les 5 façons d’utiliser l’IA sans te faire vider les poches (de données)
1. Le nuage chiffré qui promet de ne pas lire
C’est ma porte d’entrée au quotidien : Lumo, l’assistant de Proton (oui, les gens du courriel chiffré).
Ton historique est chiffré à accès zéro, Proton s’engage à ne pas entraîner ses modèles sur tes échanges, et tout tourne sur une infrastructure européenne.
La version 2.0, sortie fin juin 2026, ajoute un mode « réflexion » pour les questions costaudes, la génération d’images et la recherche web avec sources.

Est-ce parfait ? Non, et je préfère te le dire.
C’est du déclaratif : le code est fermé, personne d’extérieur n’a audité leurs serveurs, donc tu crois Proton sur parole (une parole plutôt crédible, vu leur modèle d’affaires sans pub).
Et un détail à suivre : Proton est en train de déplacer ses serveurs hors de Suisse à cause d’un projet de loi de surveillance.
Donc « protégé par le droit suisse », c’est vrai aujourd’hui, à surveiller demain.
Dans la même famille, tu as aussi l’assistant IA de DuckDuckGo, dont je te reparle juste en dessous parce qu’il joue sur un autre terrain.
2. Les anonymiseurs : l’identité retirée avant l’IA
Ici, l’idée est maligne : plutôt que de te promettre le secret absolu, on retire ton identité avant d’envoyer ta requête au modèle.
Deux outils font ça très bien.
Leo, l’IA intégrée au navigateur Brave, fait passer tes requêtes par un relais qui efface ton adresse IP.
Le modèle qui répond ne sait pas que c’est toi.
Brave affirme ne rien conserver et ne pas entraîner sur tes conversations, et ton historique reste sur ton appareil.
Attention à une confusion fréquente : Brave n’héberge pas les modèles lui-même, il sert d’intermédiaire vers de gros modèles (dont Claude) en mode sans rétention.
Ce qui est protégé, c’est ton identité. Le contenu, lui, transite quand même, mais détaché de ton nom.

Duck.ai, l’assistant de DuckDuckGo, applique exactement la même recette (IP retirée, aucune conversation stockée), avec un bonus : il oblige par contrat les fournisseurs de modèles à ne pas s’entraîner sur tes échanges et à tout supprimer sous 30 jours.
Et il marche dans n’importe quel navigateur, pas besoin d’installer Brave.
Je ne l’utilise pas personnellement, mais pour quelqu’un qui veut du simple et du propre, c’est une belle porte d’entrée.

3. Le 100 % local, chez toi (le vrai boss de la vie privée)
On y est.
C’est la seule option où ta phrase ne quitte jamais ta machine, où aucun serveur ne déchiffre quoi que ce soit, où il n’y a personne à qui faire confiance.
Le modèle tourne sur ton ordinateur, point.
Les outils pour ça sont devenus très accessibles.
Ollama pour ceux qui aiment la ligne de commande, LM Studio et Jan pour une application toute simple façon ChatGPT.
Mon préféré, c’est AnythingLLM : en plus de faire tourner un modèle local, il te laisse discuter avec tes propres documents (tes PDF, tes notes).
Sa devise résume tout le propos de cet article : « Arrête de louer ton intelligence. Possède-la. » Musique à mes oreilles.

Maintenant, la douche froide, parce que je ne vais pas te vendre du rêve.
Deux réalités à accepter :
- Ça demande du matériel.
Un modèle correct veut une carte graphique avec 6 à 8 Go de mémoire vidéo, et les vrais gros modèles réclament du matériel de professionnel. Pour savoir si ta machine peut faire tourner tel ou tel modèle, il y a un petit outil pratique : canirun.ai. - Les modèles qui tournent chez toi sont plus petits que ChatGPT ou Claude.
Pour 90 % du travail courant, tu ne verras pas la différence. Mais sur du raisonnement complexe, ils se trompent plus souvent et inventent plus facilement des choses. C’est le prix de la souveraineté, et pour bien des usages, il est tout à fait payable.
Petit rappel utile : « local » veut dire que tes conversations restent chez toi.
Le modèle, lui, se télécharge d’internet la première fois (normal), et certains outils proposent des options nuage que tu peux activer.
Reste sur le local si c’est la confidentialité que tu cherches.
Je prépare justement un atelier en ligne pour t’accompagner là-dedans, pas à pas : choisir un modèle, l’installer, le brancher à AnythingLLM, sans jargon indigeste.
Si ça t’intéresse, garde un œil sur l’infolettre (le formulaire est juste un peu plus bas) : c’est là que je donnerai la date en premier.
4. Les routeurs : un seul abonnement, plein de modèles libres
Un routeur, c’est une porte unique qui te donne accès à des dizaines de modèles, souvent à poids ouverts.
J’utilise OpenRouter et Featherless.ai.
OpenRouter te laisse même refuser d’un clic les fournisseurs qui entraînent sur tes données.
Featherless héberge lui-même des milliers de modèles libres pour un abonnement à prix fixe, et dit ne pas journaliser tes requêtes.
Le piège à connaître : un routeur te donne la souveraineté du choix (tu décides quel modèle libre utiliser), mais pas forcément celle de tes données.
Tes requêtes passent quand même par leurs serveurs.
Et Featherless, par exemple, est une entreprise américaine, donc soumise au Cloud Act.
C’est génial pour bidouiller avec des modèles ouverts. Ce n’est pas l’endroit où coller tes secrets.
5. Les faux amis : quand « souverain » ne veut pas dire « privé »
Celle-là, il faut que je te la fasse, parce que le marketing adore mélanger les deux.
Le Chat, de la française Mistral, est hébergé en Europe et coche la case RGPD. Super.
Sauf que, sur son forfait gratuit, tes conversations servent à entraîner ses modèles par défaut, exactement comme ChatGPT.
Tu dois aller décocher toi-même.
Être européen et souverain, c’est bien. Ça ne veut pas dire respectueux de ta vie privée pour autant.
Autre faux ami : le mode « conversation éphémère » de ChatGPT.
Oui, il n’est pas utilisé pour l’entraînement et n’apparaît pas dans ton historique.
Mais OpenAI le conserve quand même jusqu’à 30 jours.
Éphémère ne veut pas dire invisible.
Dernier réflexe : méfie-toi des pages marketing.
Celle de Brave, par exemple, vantait encore récemment un modèle qu’elle ne propose plus.
Vérifie toujours à la source, ces listes changent tous les mois.
Le tableau qui résume tout
| Approche | Où va ta requête | Entraînée sur tes données ? | Vrai niveau de vie privée |
|---|---|---|---|
| Local (Ollama, AnythingLLM…) | Nulle part : reste chez toi | Jamais | Maximum |
| Lumo (Proton) | Serveurs Proton (Europe) | Non, selon Proton | Élevé, mais sur parole |
| Anonymiseurs (Leo, Duck.ai) | Modèle tiers, sans ton identité | Non | Élevé sur l’identité |
| Routeurs (OpenRouter, Featherless) | Leurs serveurs (souvent US) | Selon ton réglage | Moyen |
| Le Chat gratuit (Mistral) | Serveurs Mistral (Europe) | Oui, par défaut | Faible |
| ChatGPT gratuit (repère) | Serveurs OpenAI (US) | Oui, par défaut | Faible |
Alors, laquelle pour toi ?
Pas besoin de choisir une seule.
Moi j’en utilise plusieurs selon le moment.
Voici comment je m’y retrouverais à ta place :
- Tu veux le maximum et tu as un ordinateur correct ? Va vers le local (commence par LM Studio ou AnythingLLM, c’est le plus doux).
- Tu veux simple et privé sans y penser ? Lumo, ou Duck.ai dans ton navigateur.
- Tu veux un gros modèle costaud sans donner ton identité ? Leo ou Duck.ai.
- Tu es curieux et tu aimes bidouiller avec des modèles libres ? Un routeur, en gardant tes vraies confidences ailleurs.
Ce que je fais, moi
Pour être franc avec toi : au quotidien, c’est Lumo.
Il est arrivé à un bon niveau avec la version 2.0, et il vient des mêmes gens que mon courriel chiffré, ce qui me rassure.
Je te le cache pas, j’aime Proton : ça fait des années que je leur confie mes courriels et mon VPN, alors passer à leur IA était une suite logique.
Quand je veux du local, je passe surtout par AnythingLLM, et j’ai aussi joué avec LM Studio et Jan.
Leo, je l’ouvre à l’occasion quand je suis déjà dans Brave.
Et je vais être transparent jusqu’au bout : je ne suis pas un intégriste du tout-local.
J’ai aussi des abonnements payants à OpenRouter, à Claude Max et à Codex, que j’utilise pour du travail où la vie privée n’est pas en jeu.
La règle que je m’impose est simple : jamais d’information sensible là-dedans, et j’anonymise tout ce qui pourrait m’identifier ou identifier mes clients.
Le bon outil pour le bon usage, en sachant exactement ce que je donne. C’est tout le propos de cet article.
Petite transparence, comme d’habitude chez moi : mes liens vers Proton sont affiliés.
Si tu t’abonnes en passant par ce lien, je touche une petite commission, sans que ça te coûte un sou de plus.
Je te parle de Lumo parce que je m’en sers, pas parce que ça me rapporte.
La preuve, je viens de te donner ses limites juste au-dessus, et je compte bien continuer.
Questions qu’on me pose
ChatGPT est-il privé ?
Pas par défaut.
Le gratuit utilise tes conversations pour l’entraînement tant que tu ne l’as pas désactivé dans les réglages (Contrôles des données).
Et la désactivation ne vaut que pour la suite.
Une IA locale, ça vaut vraiment ChatGPT ?
Pour l’essentiel de tes tâches quotidiennes, tu ne verras pas la différence.
Pour du raisonnement pointu, ChatGPT ou Claude gardent l’avantage.
Le local, c’est la confidentialité qui prime sur la puissance brute.
Proton peut-il lire mes conversations Lumo ?
Ton historique stocké, non (chiffrement à accès zéro).
Ta requête en cours de traitement est déchiffrée sur leur serveur le temps de répondre, comme partout dans le nuage.
Proton s’engage à ne pas la conserver.
Le plus simple pour débuter ?
Lumo ou Duck.ai, sans rien installer.
Le jour où tu veux passer au niveau au-dessus, tu installes AnythingLLM.
Bon, on fait quoi maintenant ?
On ne va pas se mentir : reprendre le contrôle de tes échanges avec l’IA, ça demande un petit effort.
Mais chaque outil de cette liste est un pas pour arrêter d’être le produit et redevenir le client.
Tu n’as pas besoin de tout adopter demain matin.
Commence par un, celui qui colle à ton confort, et avance à ton rythme.

Et toi, tu utilises quoi ?
Une IA privée que j’aurais oubliée, une expérience avec le local, une galère ?
Raconte-moi dans les commentaires, ça nourrit le prochain article.
En attendant, je te souhaite de garder tes mots à toi.

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