Ton auto ne démarre plus ? Tu ne te rappelles plus combien de temps faire cuire ton riz basmati ? Tu ne te rappelles plus quelle formule Excel mettre dans ton fichier ? Tu veux te coder un petit site web, sans connaitre une once de code ? Pourquoi ne pas demander à ChatGPT ? Il va te dire ça en deux temps trois mouvements. ⚡️

L’arrivée des intelligences artificielles dans notre vie, depuis quelques années, bouleverse drastiquement bien des affaires. Et une chose qui est grandement bouleversée, c’est notre capacité à réfléchir, se remémorer, apprendre, créer et forcer son cerveau à créer de nouveaux réseaux neuronaux.
En bon technophile, j’utilise les intelligences artificielles depuis leur sortie, testant différents modèles pour divers cas d’usage, allant de poser une simple question, à coder une application mobile au complet.
Et les outils d’IA mis à disposition sont conçus pour être hyper pratiques, time saver, et pluggés sur tous nos appareils, dont nos appareils mobiles.
Peu à peu, nos usages de ces outils augmentent, jusqu’à devenir omniprésents.
Pendant ce temps, sournoisement, on sollicite de moins en moins son cerveau, cédant notre intelligence à des machines connectées dans un data center quelque part dans le monde.
Aujourd’hui, je vais te partager ce que j’ai découvert sur l’impact des IA sur notre cerveau. Mais rassure-toi : je ne vais pas te dire d’arrêter de les utiliser (je serais mal placé). Je vais plutôt te montrer comment les utiliser sans transformer ton cerveau en purée. 🫠
Table des matières
Ce que ChatGPT fait réellement à ton cerveau

Une étude du MIT publiée en 2025 a mesuré l’activité cérébrale de 54 participants pendant qu’ils écrivaient des essais. Un groupe utilisait ChatGPT, un autre un moteur de recherche classique, et le dernier écrivait sans aide.
Résultat : ceux qui utilisaient ChatGPT avaient 32 % moins d’activité cognitive pertinente. Leur cerveau était littéralement en mode « pilote automatique ».
Encore plus troublant, 83 % des participants ne se souvenaient même pas de ce qu’ils avaient écrit avec ChatGPT. Leur cerveau n’avait pas encodé l’information en mémoire profonde.
C’est comme si tu regardais un film en scrollant sur ton téléphone : techniquement, tu l’as vu. Mais essaie de raconter l’histoire le lendemain… bonne chance ! « Pis je crois qu’Han Solo s’est fâché et est devenu Dark Vador. C’était fou !«
Les chercheurs appellent ça la « dette cognitive« . Plus tu délègues à l’IA, moins ton cerveau travaille. Et comme un muscle qu’on n’utilise pas, il s’affaiblit.
L’atrophie cognitive : quand tes neurones prennent leur retraite
Tu te demandes peut-être : « Mais est-ce que mon cerveau va vraiment rétrécir si j’utilise trop ChatGPT ? »
Bonne nouvelle : non, ton cerveau ne va pas physiquement rétrécir.
Par contre, il peut s’atrophier fonctionnellement. Je t’explique.
Ioan Roxin, professeur en neurosciences, explique que déléguer constamment des tâches comme l’écriture ou la résolution de problèmes réduit l’entraînement de tes voies neuronales. C’est comme si tu arrêtais de faire du sport : tes muscles ne disparaissent pas, mais ils deviennent mous et moins performants.
Les zones du cerveau les plus touchées :
- Le cortex préfrontal (responsable de la planification et de la prise de décision)
- L’hippocampe (mémoire et apprentissage)
- Les réseaux neuronaux impliqués dans le traitement sémantique
L’étude du MIT a montré que la connectivité neuronale dans les bandes alpha (associée à la créativité) et thêta (associée à la mémoire) était presque divisée par deux chez les utilisateurs réguliers de ChatGPT.
La good news, c’est que c’est réversible! Si tu changes tes habitudes, ton cerveau peut récupérer. La neuroplasticité, c’est magique (j’adore tellement ce sujet, t’as pas idée…).
La pensée critique en voie d’extinction
Une enquête menée par Carnegie Mellon et Microsoft auprès de 319 travailleurs du savoir a révélé un truc qui fait froid dans le dos 🥶 : 62 % d’entre eux rapportent moins de pensée critique depuis qu’ils utilisent l’IA.
Ça veut dire qu’on accepte passivement ce que l’IA nous crache, sans vérifier, sans questionner, sans analyser. On devient des consommateurs passifs d’information plutôt que des penseurs actifs.
L’étude a identifié un pattern inquiétant : plus tu fais confiance à l’IA, moins tu réfléchis. 🫠
C’est un cercle vicieux :
- Tu utilises ChatGPT pour une tâche
- Ça fonctionne bien
- Tu lui fais de plus en plus confiance
- Tu arrêtes de vérifier ses réponses
- Ton esprit critique s’érode
- Tu deviens dépendant
Je l’ai vécu moi-même. Au début de ChatGPT, quand je demandais à ChatGPT de générer une formule Excel complexe, je copiais-collais souvent sans vraiment comprendre. Ça marche, alors pourquoi se casser la tête ?
Sauf que c’est exactement le problème.
Quand tu ne comprends pas ce que tu utilises, tu perds la capacité de l’adapter, de le modifier, de le critiquer. Tu deviens un simple exécutant.
La créativité homogénéisée : tous pareils, tous moyens
Voici peut-être l’effet le plus pernicieux de l’IA : elle nous rend tous créativement identiques.

Une étude publiée dans Science en 2024 a demandé à 293 écrivains de produire des histoires courtes, certains avec l’aide de GPT-4, d’autres sans.
Les résultats sont fascinants :
- Les histoires écrites avec l’IA étaient jugées plus créatives individuellement (surtout pour les écrivains moins expérimentés)
- Elles étaient mieux écrites et plus agréables à lire
- MAIS… elles étaient 10,7 % plus similaires entre elles
En gros, l’IA nous aide à produire du contenu de meilleure qualité, mais tout le monde produit le même contenu de qualité moyenne. (Pour ça que j’évite autant que possible de rédiger des articles avec ChatGPT)
C’est comme si on avait tous le même prof qui nous donne les mêmes idées. On devient bons, mais on perd notre unicité.
Une autre recherche de Wharton a confirmé cela : les idées générées avec ChatGPT n’avaient que 6 % d’unicité, contre 100 % pour les idées purement humaines.
Personnellement, j’utilise l’IA pour générer des images pour mon blog (tu l’as sûrement remarqué). Et parfois, je tombe sur des images d’autres sites qui ressemblent étrangement aux miennes.
Pas étonnant ! On utilise tous les mêmes outils avec les mêmes prompts.
Comment utiliser l’IA sans devenir stupide (solutions concrètes)
OK, on a bien compris le problème. Maintenant, comment on fait pour profiter des avantages de l’IA sans se transformer en zombie cognitif ?
Voici mes 7 règles d’or pour utiliser l’IA intelligemment :
1. Utilise l’IA comme un assistant, pas comme un remplaçant
Ne demande jamais à l’IA de faire quelque chose que tu ne comprends pas. Utilise-la pour accélérer, pas pour contourner.
Exemple concret : Quand je code, je demande à ChatGPT de générer un bout de code, mais je prends le temps de le lire ligne par ligne pour comprendre la logique. Si je ne comprends pas, je lui demande d’expliquer.
2. Challenge systématiquement les réponses de l’IA
Pose-toi toujours la question : « Est-ce que ça a du sens ? » Ne prends jamais une réponse pour acquise.
Astuce : Demande à l’IA de justifier ses réponses avec des sources. Et vérifie ces sources. Oui oui, vas-y, clique les liens, lis tout, et regarde s’il s’est trompé ou non. (Fun fact, l’IA se trompe souvent dans ses sources…)
3. Alterne entre l’IA et ton cerveau
Pour chaque tâche assistée par l’IA, fais-en une autre similaire sans aide. Ça maintient tes neurones actifs.
Exemple : Si tu utilises ChatGPT pour rédiger un email important, rédige le suivant toi-même.
4. Sois créatif avec tes prompts
Le prompt, c’est la consigne que tu donnes à l’IA qu’elle va devoir suivre. À défaut de céder une partie de ta créativité à l’IA, tu vas pouvoir l’utiliser pour ton prompt. Je te donne donc une astuce qui va te permettre d’obtenir de meilleurs résultats dans ce que l’IA va produire.
Ton premier prompt ne DOIT et ne PEUT PAS faire qu’un ou deux petits paragraphes. Tu dois documenter et contextualiser suffisamment ce que tu vas lui demander (peu importe ta demande), afin qu’il te produise rapidement le résultat escompté.
Ce que j’aime habituellement mettre dans mes prompts :
- le contexte de ma situation.
« Je suis un blogueur passionné par la souveraineté numérique et la santé. Je gère un blog appelé le-caribou.ca etc… » - quel rôle je veux qu’il ait.
« Tu es un web designer de renommée internationale. Ta façon de capter l’identité visuelle d’une marque ou entreprise est indéniable. À partir de tes analyses et observations, tu questionnes suffisamment pour avoir un portrait global de l’image de marque. » - ce que j’attends exactement de l’IA avec tous les paramètres désirés
« Tu généreras des images qui concorderont avec l’image de marque que tu auras analysée. Je serai amené à te donner des sujets, des idées, des concepts visuels, parfois de manière un peu brouillon. Tu sauras questionner et décrypter mes besoins d’images, de manière à générer ces images avec le moins de ronde de correction possible » - des images et fichiers connexes qui serviront de référence
« Tu trouveras en contexte/pièce jointe des images que j’ai déjà générés, qui représentent assez bien l’image de mon blog. Tu peux les prendre en référence, si tu juges cela adéquat. Je t’ai aussi joins la charte éditoriale de mon blog, qui norme mon style, mon ton d’écriture et bien plus »
Tu dois croire que mon prompt est overkill, mais je t’assure que ce genre de prompt permet d’obtenir de meilleurs résultats, plus rapidement.
Pratiquer de beaux prompts, c’est tout un art qui se développe. D’ailleurs ChatGPT peut t’aider à en créer si tu lui demandes de t’en produire. 😉 À force d’en générer, tu sauras en créer toi-même.
5. Limite ton temps d’utilisation
Fixe-toi une règle : par exemple, maximum 30 minutes d’IA par jour pour les tâches créatives. Le reste du temps, c’est ton cerveau qui bosse.
6. Documente ce que tu apprends
Quand l’IA te donne une solution, prends des notes sur comment ça fonctionne. Ça force ton cerveau à encoder l’information.
7. Privilégie les IA locales et confidentielles
Et ça, c’est mon gros conseil : reprends le contrôle de tes données. Utiliser ChatGPT, c’est envoyer toutes tes conversations à OpenAI. Ils savent tout de toi.
Il existe de nombreux procédés pour que tu te dotes de ta propre IA, dans ton ordinateur ou serveur, sans qu’aucune compagnie ne soit derrière pour lire tout ce que tu écris. C’est vraiment pas complexe à installer et utiliser, en plus.
(Tiens, ça me fait penser que je prépare justement un webinaire sur comment utiliser des IA anonymes et confidentielles. Ça t’intéresse ? Comment l’article ci-bas en me partageant ton intérêt, ca va me motiver à le lancer plus vite !)
Conclusion : l’IA n’est pas ton ennemi, mais ton cerveau a besoin de toi
Voilà, je t’ai partagé ce que j’ai appris sur l’impact de l’IA sur notre cerveau. Est-ce que ça veut dire que je vais arrêter d’utiliser ChatGPT pour coder, générer des images ou peaufiner mes formules Excel ? Absolument pas.
Mais je l’utilise différemment maintenant. Avec conscience. Avec modération. Et surtout, en gardant mon cerveau actif. 🧠
L’IA est un outil incroyablement puissant. Mais comme tout outil, il peut construire ou détruire, selon comment tu l’utilises.
Alors, dis-moi dans les commentaires : est-ce que tu as remarqué des changements dans ta façon de penser depuis que tu utilises l’IA ? Est-ce que tu te sens moins créatif ? Moins critique ?
Et surtout : quelles stratégies tu utilises pour garder ton cerveau en forme ?
Partage tes réflexions. Parce que c’est en discutant qu’on apprend. Pas en laissant ChatGPT penser à notre place.
2 réponses
ia en local ça m’intéresse … il y a tellement de modèles, j’en ai installé et utilisé un et ça fonctionne bien mais ça en sort des nouveaux à chaque semaine! Ouf …
J’aime les Gems de Gemini … j’ai créer un assistant comme moi mais je crois que je travaille gratis pour Google puisque je sais exactement dans mon domaine comment le nourrir, imagine, plus besoin de chercher dans le code du bâtiment, il me sort la section que j’ai besoin. Pareil pour les grosseurs de poutres, il me fait le calcul et me dit oui ça passe selon la charte et poids neige à Saint-Jérôme par exemple. J’ai réussi à optimisé selon 3 choix au bénéfice du client qui paiera moins chère ses matériaux. Donc dans mon cas ça me sert à aller plus vite et je lis tout et je critique et cherche à optimiser selon mon expérience mais un jeune pourrais prendre tout pour du cash … là le piège. Merci pour cet article de blog sur l’ia toujours pertinent et pour plusieurs ont pensent tout la même chose au même moment et toi tu creuses donc bravo et merci !
Salut Jasmin, content de lire ton partage ici ! C’est vrai qu’il y a de nombreux modèles et il peut devenir complexe de savoir quel modèle fait quoi exactement.
Personnellement, je travaille fort pour entraîner mes propres modèles locaux, spécialisés dans des domaines spécifiques. C’est LOINNNN d’être simple, mais ça se fait.
Je te comprends quand tu dis que tu te bases beaucoup sur Gemini pour ton travail en construction.
Quand je code ou que je l’utilise pour des fonctions Excel, je vérifie et triple vérifie ce qu’il me donne. J’essaie autant que possible de comprendre la logique de ce qu’il me donne.
À mon avis, en adoptant des pratiques similaires, tu pourrais utiliser l’IA pour te faciliter la vie, sans perdre tes neurones en même temps.
Bien ravi que tu aies aimé cet article. J’en prépare une coupe d’autres sur l’IA, justement. Stay tuned 🙂